Découverte de Louvergny (5)

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louvergny 77 2L’abbaye est un lieu-dit dans le bas du village qui garde le souvenir d’une maison religieuse originale fondée à Louvergny au milieu du XIIIe siècle. Le prieuré de Saint-Guillaume, que fonda alors un comte de Rethel, fut en effet le premier de cet ordre en France ...et le dernier. Une seconde maison exista dans le royaume de France, à Montrouge puis Paris, de 1256 à 1618. Quant au prieuré de Louvergny, il passa au milieu du XVIIe siècle aux religieuses bénédictines de Notre-Dame de Sainte-Marie de Mouzon.

  Voici quelques repères chronologiques sur l’histoire du prieuré guillemite de Louvergny :

1249 (mars) : Fondation à Louvergny par Jean, sire d’Espance et comte de Rethel, d’un prieuré de l’ordre de Saint-Guillaume. L’abbaye Saint-Vincent de Laon, dont dépend la paroisse de Louvergny, donne son accord.

1253 (4 mai) : Reconnaissance faite au comte Gaucher de Rethel, comme avoué perpétuel, par le prieur et les frères de la maison des ermites du mont Saint-Guillaume de Louvergny, première maison de l’ordre en France.

1260 (14 mars) : Reconnaissance faite au comte de Rethel et à l’abbé de Saint Vincent de Laon pour une partie de forêt près Louvergny.

1260 : Transfert du prieuré près du ruisseau dans une prairie nommée Sainte-Marie. Le prieuré en conserve l’appellation de Notre-Dame des Prés.

1261 (février) : Déclaration du prieur et des frères ermites guillemites de Louvergny par laquelle ils s’engagent à n’avoir d’autres avoués que le comte de Rethel et ses successeurs.

 

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A gauche, sceau ovale de 1261 appartenant au prieur des ermites du mont Saint-Guillaume.
L’ermite est debout, de face, légèrement tourné vers la droite, la tête de profil avec le capuchon en arrière, et tient le bâton et un livre.

A droite, sceau rond cassé par le haut du monastère des ermites du mont Saint-Guillaume de Louvergny, de 1261 également.
Il représente l’agneau pascal marchant à dextre avec une banderole. C’est en souvenir du prieuré Saint-Guillaume que ce symbole a été repris dans le blason actuel de la commune de Louvergny.

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1308 (9 janvier) : Fondation en faveur de Nicolas des Armoises, au prieuré de N.-D. des Prés de Louvergny, de trois messes des morts par semaine et affectation au service ainsi créé du revenu de différentes pièces de terre et pré.

1309 : Don de sept cartels de vigne par Guiot, Jean son frère et Alix sa femme, de Voncq.

1332 (7 juillet) : Concession par Louis, comte de Flandre et de Rethel, aux frères de Notre-Dame des Prés, près de Louvergny, de jouissance dans les bois de Louvergny.

1407 : Jean Vauchier, de Semuy, choisit un religieux de Louvergny pour célébrer des messes après sa mort.

1498 : Don au prieuré par la veuve de Loup de Myonne, seigneur de Voncq, de onze fauchées de pré.

1515-1529 : Restauration des bâtiments et de l’église du prieuré par Robert de Lenoncourt, archevêque de Reims.

1521 : Constitution d’un censier des biens fonciers détenus par le prieuré.

1533 : Jean de Launoy, bienfaiteur du prieuré, veut qu’après sa mort un service soit fait chaque année pour le repos de son âme dans la chapelle des Guillemites. Il donne également une pièce de vigne.

1624 : Baptême d’une petite cloche de bronze offerte par Jean Le Boeuf, notaire du Rethélois originaire de Vendresse.

1636 : Le comte de Soissons, se rendant de Paris à Sedan, prend avec lui le prieur de Louvergny pour dire la messe devant lui au Mont-Dieu.

1643 (29 juillet) : Cession du prieuré de Saint-Guillaume à Catherine de Joyeuse, bénédictine de Mouzon, qui s’engage à rétablir le culte dans l’église du prieuré, à payer les dettes et à verser une pension viagère à chacun des religieux.

1716 (18 septembre) : Lettre écrite à l’archevêque de Reims par Pierre Prévot, curé de Louvergny, au sujet de la maison des religieuses bénédictines de Notre-Dame-des-Prés de Louvergny, et de l’acquit des messes fondées en leur chapelle

1741 (26 avril), Ratification par l’archevêque de Reims d’un décret de l’archevêque de Paris, portant suppression du prieuré des religieuses bénédictines de Notre-Dame-des-Prés, et l’application des biens et revenus de ce prieuré aux monastères de Notre-Dame du Val-d’Osne.

1743 (18 mars) :  Décret autorisant la démolition de l’église du prieuré. Les autres bâtiments forment un corps de ferme qui subsistent encore quelques décennies.

 Statue de saint Guillaume dans l’église de Louvergny

1791 (février) : Rachat de la ferme des religieuses, vendue comme bien national, par Jean-Louis Vitter, ancien amodiateur de Louvergny.

Les bâtiments, encore visibles sur le cadastre napoléonien, disparurent au cours du XIXe siècle. Aujourd’hui, sur le bord du chemin, une croix de fer rappelle l’emplacement du chœur de l’église du prieuré. Dans l’église actuelle de Louvergny a également été transférée une statue de saint Guillaume, portant la hallebarde avec laquelle il vient de terrasser un dragon. Deux autres statuettes – un Christ aux liens et une Piéta – proviennent également de l’abbaye.

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Florent SIMONET