1947 - 2017 Il y a 70 ans on reconstruisait le Chesne

Le 13 mai1940, vers 6 heures du matin, la première bombe tombait tout près de la rue Notre-Dame sur un bâtiment paroissial(c’était une construction « provisoire » en bois datant de la précédente guerre 14-18 !)

L’aviation et l’artillerie s’acharnèrent sur la ligne de défense installée le long du canal des Ardennes, tandis que les habitants évacuaient précipitamment. On connaît la suite…

Sur place les chiffres donnent une idée de l’ampleur des ravages : sur 372 immeubles recensés en 1939, 46 seulement restaient habitables en 1944, et 250 maisons avaient été entièrement détruites.

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La route de Charlemagne détruite

Peu d’habitants, de ce fait , avaient pu revenir au Chesne, d’autant plus que le bourg était en zone interdite. L’occupant en filtrant les retours, laissa malgré tout se construire toute une zone de baraquements précaires, route de Sedan : ce furent les débuts de « La Cité ».

L’architecte en chef Pierre Depussé était arrivé au Chesne dés la fin de 1941. «  C’était encore le chaos...Rien n’était déblayé. Les plans n’existaient plus. Notre premier travail fut de réparer les quarante habitations qu’on pouvait encore sauver... » témoignera-t-il plus tard.

Mais la véritable reconstruction put démarrer après la libération. Cela va se faire dans des conditions difficiles car il faut lutter contre la pénurie de capitaux, de matériaux et de moyens de transports.

Pourtant, un certain nombre d’atouts positifs vont se rejoindre pour aboutir à la renaissance du Chesne. Mentionnons entre autres la bienveillance des services départementaux  de la reconstruction qui encourage la créa

tion d’une coopérative menée par le maire de l’époque M. Alain Groud. Cette coopérative va grandement faciliter les relations entre les particuliers sinistrés et l’administration ou les entreprises. Des entreprises au dynamisme exemplaire comme la maison Glandier qui feront travailler jusqu’à 250 compagnons maçons sur le site du Chesne. Enfin le canal lui-même a joué son rôle puisque les matériaux arrivaient directement sur le chantier grâce aux péniches.

Tout redémarre. Aussi le 6 septembre 1947 une cérémonie est-elle organisée pour marquer la pose de la première de la première maison reconstruite. L’année 1947 est gravée à sa base. Elle se situe au 49 rue Notre-Dame; Le préfet, le sous-préfet, le maire, les architectes, ingénieurs...tous sont là. C’est la maison de M. Marcel Didier. On scelle dans le mur un tube renfermant un parchemin évoquant l’évènement. En 1998 la mairie avait organisé une exposition pour marquer le cinquantenaire de la reconstruction.

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Après avoir visité les ruines, le cortège se dirige vers le chantier pour la pose de la 1ère pierre

Le discours prononcé par M. Alain Groud, maire

 

Elle va bon train cette reconstruction puisqu’au début de 1949 un immeuble est terminé tous les  quinze jours.

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La reconstruction bat son plein

L’entreprise Solans, on reconnaît les Dagaro,
Rossonne, Rodenmacher, Bielaskin, Caron.

Et le Chesne change. On travaille beaucoup à l’église dont le chœur, le transept nord, la toiture ont été gravement endommagés en 1940. (les derniers vitraux ne seront inaugurés qu’en 2008…) On a reconstruit bien sûr le pont à l’emplacement du précédent. Mais, nouveauté audacieuse, on en ajoute un deuxième qui permet de passer tout droit de Vouziers à Sedan, ou l’inverse, sans être obligé de virer place du Parlement. Une prouesse de technologie et de conception puisque construit en X. On le doit à l’ingénieur (polytechnicien comme son beau-père Albert Caquot) Jean 

Kerisel.

Dans le même temps on va s’occuper de la mairie, des écoles, de la voirie, de l’eau…

Terminons en rappelant que tous ces efforts n’ont pu progressivement aboutir que grâce évidemment à ce que l’on a appelé les  «dommages de guerre », mais il y eut aussi de grands gestes de solidarité nationale. De nombreuses communes de France aidèrent Le Chesne : Istres, Saintchamas, Fos sur mer, Saint-Symphorien, Feysin, Ternay, Corbas, Simandres, Marenne, Commay, Chaponnay, Serezin...Elles méritent bien qu’on le redise...même soixante dix ans après.

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La première pierre en bas à droite de la maison à l’époque de M. Marcel Didier

 

JL Deglaire

B Bienvenu